Chroniques

Temps de lecture : 2 min 31 s

Showtime!

Le 02 octobre 2025 — Modifié à 10 h 21 min
Par Stéphanie Gagnon

Ça fait quelques temps que je n’ai pas parlé du président américain. Pas qu’il n’y avait rien à dire à son sujet, mais parce que lui donner de l’attention alimente le cirque. Mais là, c’t’assez. Les récents épisodes rendent le silence impossible.  Allons-y.

Depuis quand l’autisme est devenu un enjeu de société dont un président peut se servir comme arme politique ? La récente déclaration de Donald Trump, affirmant que l’acet… well…let’s see how we say that acet… minophen ? cause l’autisme, c’est imbécile puissance mille !  First, la science ne corrobore en rien ce propos et deuxièmement, on transforme une réalité humaine en stigmate, comme si l’autisme était une catastrophe nationale à prévenir plutôt qu’une condition à comprendre.

Inclure. Un mot n’existe plus aux États-Unis.

Il faut voir  au-delà du scandale apparent. Une sortie comme ça n’arrive pas par hasard. Elle provoque un vacarme médiatique instantané, pendant que d’autres vérités, autrement plus lourdes, glissent toujours un peu plus vers l’ombre. Pendant qu’on discute de pilules et de supposés liens avec l’autisme, où sont les  Epstein  Files ?  Pourquoi ce scandale n’est pas enfin exposé publiquement, pourquoi  refuse-t-on de nous partager la liste contenant les noms de tous les trous de culs qui s’y trouvent ?

Dans la même veine, la récupération du meurtre de  Charlie  Kirk est honteuse. La gauche radicale serait responsable, les  ONG sont complices, les médias encouragent la division…  Ces condamnations précipitées et accusations at large consolident un discours : la gauche est une menace, la droite est une victime.

Ce deuil est politisé à outrance. Ce n’est pas la mort de  Charlie  Kirk qui est au centre. C’est l’opportunité de transformer un acte individuel et criminel en un symbole. Faire de Kirk un martyr dans une guerre culturelle et politique. Dans cette  bataille-là, la première victime est la vérité. On atteint des sommets d’indécence, pendant ces funérailles spectacles où la veuve-sans-larmes entre sur fond pyrotechnique, il a été possible d’acheter de la merch commémorative. Le p’tit  Jésus ne serait pas content, je crois me souvenir qu’il avait chassé les marchands du temple.

C’est le monde à l’envers. Jésus chasse les marchands et aujourd’hui, des milliardaires qui se prétendent chrétiens s’en donnent à cœur joie avec les minorités.

Pis là, à l’ONU, come on !  Le discours que  Donald y a prononcé a atteint des sommets de narcissisme, de mégalomanie, d’irrespect et de mensonges. «L’escalatorgate» ou le bris de télésouffleur ne sont que des anecdotes, pourtant elles ont monopolisé l’attention médiatique. Le clown parle, et chaque tentative de le contredire ne parvient, à date, qu’à alimenter son show.

Où sont les Epstein files ?

Un grand nombre d’Américains semble s’en foutre, on leur a promis du pain et des jeux…  Des œufs pas cher, des médicaments dont le prix sera réduit de 1500 % !  Il ne manque qu’à ce bon peuple du divertissement…  Gagné !  Le parterre de la maison blanche sera transformé en arène pour accueillir un combat  UFC en juin 2026. On pourra assister en direct au prequel du film  Idocratie – le début de la fin. Si seulement c’était une blague…  Non, cet événement aura bel et bien lieu et si vous n’avez toujours pas vu le film  Idiocratie,  regardez-le et vous verrez se dirige un peu plus à chaque jour vers ce genre de politique-cabaret..

On ajoute des congédiements, menaces aux réseaux de télévisions, muselages de journalistes… C’est déchirant de se le dire, mais les  États-Unis ne sont plus une démocratie. Les enjeux cruciaux se sont évaporés dans l’incessant tapage du clown en chef.

Et derrière la fumée, une certitude : les Epstein Files ne sortiront pas. Trop de puissants ont trouvé refuge derrière l’écran commode de la morale chrétienne.  Le mensonge profite toujours à quelqu’un.

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