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Pourquoi tant de bibittes cet été ?

Roger Lemay
Le 14 août 2025 — Modifié à 23 h 45 min
Par Roger Lemay - Rédacteur en chef

Mouches noires, tordeuse des bourgeons de l'épinette, longicorne noir, moustiques, en cet été 2025, le Saguenay-Lac-Saint-Jean est envahi par une multitude d’insectes, en raison notamment des conditions climatiques exceptionnelles de cette saison, qui expliquent en grande partie cette prolifération.

Ce qui est moins drôle, c’est que ces insectes ont bien souvent élu domicile à l’intérieur de nos résidences. C’est que les températures élevées, couplées à une humidité soutenue, ont créé un milieu propice à la reproduction des insectes. De nombreux experts s’accordent à dire que le printemps doux a permis une maturation rapide des larves, ce qui a entraîné une augmentation significative de leur population.

D’après les premières observations, ce sont les moustiques qui se distinguent comme les insectes les plus remarqués cette année. Ces petites créatures, attirées par l’eau stagnante, se reproduisent en masse dans les marais et les lacs de la région. Les résidents riverains, surtout à l’approche du coucher du soleil, sont malheureusement pour eux des proies idéales. En parallèle, les mouches, particulièrement les mouches noires, s’invitent également dans le paysage, profitant elles aussi des températures clémentes pour se multiplier. Les abeilles et les guêpes, quant à elles, se montrent plus actives, cherchant à établir leurs nids dans des endroits abrités.

Longicorne noir

La région vit également une véritable invasion de longicornes noirs le long des rives et dans les forêts environnantes. Les usagers de la plage municipale Le Rigolet à Saint-Gédéon ont affirmé n’avoir jamais vu pareille nuée d’insectes sur les troncs d’arbres et dans le sable. Pour plusieurs, ce spectacle ressemble à une épidémie qui perturbe leur calme, même si ces insectes sont sans grand danger. Cette prolifération des longicornes noirs s’explique avant tout par les vastes feux de forêt qui ont ravagé la région il y a déjà deux ans. Ces incendies ont laissé derrière eux des kilomètres de bois mort parfaitement adapté à la ponte des femelles. Dès la fin du feu, les longicornes détectent ces arbres affaiblis et y percent l’écorce pour y déposer leurs œufs, assurant ainsi un milieu de développement optimal pour leurs larves.

Le cycle de vie du longicorne noir s’étend sur deux ans, ce qui signifie que les œufs pondus sur les bois calcinés en 2023 ne sont arrivés à maturité que cet été, en 2025. À cela s’ajoutent les fortes chaleurs de l’été, qui rendent les coléoptères plus actifs et plus visibles dans le paysage forestier et riverain.

Inoffensif pour l’homme, ce coléoptère n’en reste pas moins l’ennemi numéro un de l’industrie forestière locale. En creusant le bois mort, il crée des galeries dont les trous diminuent la valeur commerciale des billes de résineux.

Évidemment, il y a une corrélation entre le changement climatique et la prolifération d’insectes. Les spécialistes notent que des hivers plus doux et des étés plus chauds favorisent la survie des insectes, notamment dans les régions nordiques comme le Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Protection efficace

Face à cette invasion estivale, les habitants cherchent des solutions pour se prémunir contre ces nuisibles. Les experts conseillent d’utiliser des répulsifs anti-moustiques contenant du DEET ou de l’icaridine, deux ingrédients efficaces contre les piqûres. De plus, il est recommandé de porter des vêtements longs et légers pour minimiser l’exposition de la peau. Installer des moustiquaires dans les fenêtres et les portes peut également aider à réduire l’entrée des insectes à l’intérieur des maisons.

Un bon côté

En dépit des nuisances causées par cette invasion d’insectes, certains choisissent de voir le bon côté des choses. Les entomologistes estiment que cette prolifération pourrait contribuer à l’équilibre des écosystèmes locaux en attirant des prédateurs naturels comme les oiseaux et les chauves-souris. Toutefois, pour les résidents du Saguenay-Lac-Saint-Jean, l’été 2025 restera marqué par cette présence envahissante.

 

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