Tel qu’on devait s’y attendre, ce sont les dirigeants de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) qui ont hérité du blâme ce lundi, adressé par le rapport de la Commission Gallant, en lien avec les dépassements de coûts de la mise sur pied de la plateforme SAAQclic.
La Presse rapporte que face à un projet « trop gros et trop ambitieux », la SAAQ a « menti » pendant presque 10 ans sur la facture et l’avancement de son virage numérique, par le biais de comptes rendus « hypocritement rassurants ».
Gouvernement "légèrement" pointé du doigt
Disculpé en bonne partie, le gouvernement Legault a cependant été informé plus tôt qu’il ne le prétendait de l’ampleur des dépassements de coûts, conclut le rapport de la commission Gallant. La Commission menée par le juge Denis Gallant tranche que la société d’État « a menti aux parlementaires, aux ministres et à leur cabinet sur l’état de sa réalisation ».
L’architecte du projet, Karl Malenfant, est particulièrement pointé du doigt. Le Conseil d’administration de la SAAQ est également éclaboussé par le rapport.
L’ancien ministre des Transports, François Bonnardel, s’en sort quant à lui plutôt bien alors que le commissaire tranche que ce n’est qu’à l’hiver 2021 qu’il a appris le montant total du projet, qui s’élevait alors à 682 millions. Les dirigeants de la société ont plutôt « maintenu le gouvernement dans l’ignorance au sujet du règlement à l’amiable survenue en septembre 2020 qui a consacré le budget total du programme à 682 millions plutôt que les 375 millions convenus à l’appel d’offres ».
Rappelons qu’il y a quelques mois, un pré-rapport mettait en lumière l’absence de véracité dans le témoignage de l’ex-ministre Geneviève Guilbault, qui avait alors été qualifié de “non-crédible”. Plusieurs témoins-clés ont été entendus.
La Commission Gallant s’est tenue sur une période de 75 jours, amenant 130 témoins et nécessitant aussi l’analyse de centaines de milliers de documents.