En grève depuis près de quatre mois, les travailleuses du CPE Le Jardin de Robi, membres du Syndicat des travailleuses des CPE et BC du Saguenay–Lac-Saint-Jean–CSN, assurent qu’elles ne fléchiront pas malgré la récente judiciarisation du conflit de travail.
Selon le syndicat, le moral demeure bon, même si l’employeur a choisi de faire appel au Tribunal administratif du travail (TAT) en vertu de la Loi visant à considérer davantage les besoins de la population en cas de grève ou lock-out, entrée en vigueur le 30 novembre dernier. Le TAT devra déterminer si le CPE doit être soumis au nouveau concept de services minimalement requis, destiné à « assurer la sécurité sociale, économique ou environnementale de la population ».
« C’est le tout premier employeur au Québec qui invoque la loi 14. Dès le premier jour d’entrée en vigueur de la loi, il a demandé au ministre du Travail d’intervenir pour lui permettre de réclamer du TAT qu’il impose des services minimaux. Il n’a montré aucune ouverture à reprendre la négociation malgré toutes les propositions que le syndicat a mises au jeu. », a déploré la présidente du Conseil central du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Manon Tremblay, qui considère que l’objectif de l’employeur est d’imposer ses vues aux travailleuses plutôt que de chercher une solution négociée permettant la réouverture complète de l’installation.
Un conflit centré sur un acquis de plus de 40 ans
Le cœur du litige demeure le souhait de l’employeur d’abolir la demi-heure de dîner rémunérée, un droit dont bénéficient les travailleuses depuis plus de quatre décennies. Le syndicat affirme que l’employeur refuse d’envisager toute autre solution que l’acceptation complète de cette demande.
Les négociations sont au point mort depuis la dernière séance formelle entre les parties qui remonte au 6 novembre 2025. Une courte rencontre tenue le 6 février en présence d’une conciliatrice et du médiateur en chef n’a rien changé à l’impasse. Le syndicat rapporte que la partie patronale n’avait « aucune nouvelle proposition à formuler ».
« Depuis le début du conflit, nous avons tenté de dénouer l’impasse de plusieurs façons, en formulant des propositions qui tiennent compte des objectifs financiers de l’employeur. Tout cela parce que, ce que l’on veut le plus au monde, c’est une entente négociée permettant le retour à la normale. Nos propositions sont systématiquement rejetées du revers de la main par l’employeur. », a déclaré Nathalie Duperré, la présidente du syndicat représentant la vingtaine de travailleuses du CPE.