La dernière séance du conseil municipal de Saint-Félicien a donné lieu à des témoignages marquants de la part de familles nouvellement établies dans la municipalité. Des parents et leurs enfants se sont déplacés afin de faire connaître les difficultés et l’insécurité qu’ils vivent depuis la fin du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) et l’entrée en vigueur de modifications touchant le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) au Canada.
Environ une vingtaine de personnes ont pris place dans la salle du conseil. Plusieurs intervenants ont utilisé le micro pour exprimer leurs inquiétudes face à un avenir devenu imprévisible. « Je tiens à souligner le courage de celles et ceux qui ont pris la parole au nom des nouveaux arrivants, particulièrement de ceux qui vivent actuellement dans l’incertitude et un profond sentiment d’injustice », a déclaré le maire de Saint-Félicien, Jean-Philippe Boutin.
Selon les propos rapportés, ces familles composent avec une absence totale de perspectives claires. « Ils ignorent ce qui les attend. Ils traversent une situation que plusieurs qualifient d’inhumaine. Ces personnes souhaitent simplement savoir si un avenir au Québec demeure possible ou si un retour dans leur pays d’origine s’imposera. Toute planification devient impossible. Des enfants fréquentent l’école pendant que leurs parents occupent un emploi, sans savoir combien de temps cette stabilité tiendra », a-t-il ajouté.
Le conseil municipal se prononce
Cette mobilisation citoyenne a permis aux élus municipaux de se positionner officiellement dans ce débat qui dépasse les frontières régionales. « Le conseil municipal a adopté une résolution dénonçant la fin du PEQ ainsi que les changements apportés au PTET », a précisé le maire.
La résolution réclame l’application d’une clause de droits acquis pour les personnes déjà établies. « La demande demeure simple et sans équivoque : protéger celles et ceux qui vivent, travaillent, paient des taxes et contribuent activement à la collectivité. Modifier les règles en cours de route fragilise des familles qui ont déjà construit leur vie ici. Cette incertitude constante pèse lourdement sur leur quotidien », a souligné Jean-Philippe Boutin.
Fin du PEQ et nouvelles démarches
Le Programme de l’expérience québécoise, qui ouvrait la voie à la résidence permanente pour les travailleurs étrangers temporaires et les diplômés étrangers du Québec, a pris fin le 19 novembre 2025. Depuis cette date, aucune nouvelle demande ne peut être déposée dans les volets Diplômés du Québec et Travailleurs étrangers temporaires.
Désormais, les personnes souhaitant s’établir de façon permanente au Québec doivent principalement se tourner vers le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), accessible par l’entremise du portail Arrima.
Restrictions accrues au PTET
Les employeurs subissent également les effets de nouvelles contraintes liées au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET). Une modification majeure concerne le plafond autorisé de main-d’œuvre étrangère temporaire.
Dans le volet des postes à bas salaire, la proportion maximale permise par employeur a diminué de façon significative, passant de 20 % à 10 % de l’effectif total. Avant septembre 2024, la majorité des secteurs d’activité pouvaient compter sur un seuil de 20 %. Depuis cette date, la limite réduite impose des ajustements importants aux entreprises qui dépendent de cette main-d’œuvre.