Le vaste projet d’expansion des Serres Toundra, évalué à 525 M$ et dévoilé en 2022, connaîtra une première phase cette année. Cette relance passe par un investissement immédiat de 75 M$, destiné exclusivement à la construction d’une quatrième serre. Comme les trois infrastructures déjà en activité, cette nouvelle installation produira des concombres.
Le projet initial avait subi un arrêt à la suite d’un incendie survenu le 2 novembre 2022, soit le jour même de l’annonce officielle de l’expansion. L’événement avait forcé l’entreprise à revoir son échéancier et à concentrer ses efforts sur la remise en état des opérations existantes.
Selon Caroline Fradet, vice-présidente des Serres Toundra, la décision d’aller de l’avant repose sur une analyse approfondie du marché. « Cette année, nous avons choisi de relancer le projet avec une phase 4 dont la réalisation complète est prévue pour 2026 », précise-t-elle. Cette phase d’expansion entraînera la création d’environ quarante nouveaux emplois.
Optimisation des équipements existants
La croissance soutenue de la demande pour les concombres produits par Serres Toundra constitue l’un des principaux moteurs de cette nouvelle mise en chantier. « Les concombres rencontrent un fort engouement auprès des consommateurs québécois. Cette production additionnelle trouvera preneur exclusivement au Québec, puisque nos activités ne ciblent pas l’exportation pour le moment », explique-t-elle.
Cette augmentation des volumes permettra également une meilleure utilisation des installations déjà en place. « L’introduction d’un nouveau légume exige normalement l’aménagement d’une salle d’emballage distincte ainsi que d’équipements spécialisés. En misant sur une production accrue de concombres, nous maximisons l’usage des infrastructures existantes », ajoute-t-elle.
Renforcement de la présence sur le marché
L’investissement prévu contribuera aussi à consolider la présence des Serres Toundra sur les tablettes des chaînes d’alimentation. L’entreprise fait régulièrement face à des périodes de forte demande, au cours desquelles les volumes disponibles ne suffisent pas toujours à répondre aux besoins des détaillants. L’ajout d’une quatrième serre permettra de sécuriser les approvisionnements et d’assurer une constance accrue.
À l’origine, le modèle d’affaires de Serres Toundra reposait sur la production de quatre légumes distincts, à raison d’un par serre. Le choix initial de se concentrer sur le concombre a toutefois orienté la stratégie à long terme. « Cette culture a démontré rapidement son potentiel. La demande s’est accentuée et le produit a gagné sa place auprès des consommateurs québécois, qui en consommaient peu auparavant », rappelle la vice-présidente.
Elle souligne également l’impact de cette production locale sur l’offre disponible. Avant l’arrivée de Serres Toundra, les étalages accueillaient principalement des concombres importés du Mexique, souvent récoltés depuis près de deux semaines. Cette situation a graduellement changé, réduisant la présence de ces produits sur les tablettes.
Les concombres cultivés par l’entreprise affichent par ailleurs un poids supérieur à la moyenne de l’industrie, soit de 50 à 75 grammes supplémentaires par unité. « Le consommateur obtient ainsi un rendement plus élevé, notamment pour un usage domestique, comme les salades. »
Développement des produits de transformation
En parallèle à la production maraîchère, les produits transformés des Serres Toundra gagnent du terrain sur le marché québécois. Après le lancement remarqué de la relish en 2021, l’entreprise a récemment élargi sa gamme avec une relish à l’aneth et une version épicée.
Trois confitures figurent également dans l’offre, soit bleuets-vanille, bleuets-framboises et bleuets-cardamome. À cela s’ajoutent quatre variétés de salsas, proposées en versions douce, moyenne, épicée et verde. Ces salsas intègrent notamment des tomates fournies par Savoura.
La future usine de transformation, prévue pour 2027, permettra de soutenir cette diversification et d’accueillir de nouveaux produits. « L’objectif consiste à offrir des aliments de grande qualité à un prix comparable à celui de produits importés, transformés, entre autres, pour les relishs, à partir de concombres cultivés avec des pratiques moins encadrées », conclut Caroline Fradet.