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L'opinion du lecteur

Le gouvernement du Québec doit annuler les tarifs abusifs imposés aux journaux et aux magazines imprimés

La rédaction
Le 20 février 2026 — Modifié à 14 h 20 min le 19 février 2026
Par La rédaction

Une alliance réunissant les journaux et les magazines du Québec sonne l’alarme sur les effets injustes et profondément dommageables de la réforme du système québécois de collecte des matières recyclables. Loin de rétablir l’équité promise, ces nouvelles règles font peser un risque de plus sur la pérennité des médias imprimés.

Ensemble, nous rejoignons plusieurs millions de lecteurs pour qui le support papier demeure le choix de prédilection. C’est pour eux que nous unissons nos voix, afin qu’ils puissent continuer de lire leurs journaux et magazines dans le format de leur choix. C’est une question de respect et d’équité générationnelle.

Une hausse fulgurante qui nous étouffe

Nous demandons au gouvernement du Québec de nous exempter des tarifs abusifs imposés par le nouveau système de collecte, et appelons le premier ministre, François Legault, à régler la question d’ici la fin de son mandat.

En janvier 2025, l’entrée en vigueur du nouveau régime a entrainé une hausse fulgurante de ces tarifs, malgré la baisse continue des quantités de papier déclarées et mises en marché. La situation ne fera que s’aggraver, de nouvelles augmentations sont déjà anticipées pour les années à venir.

Paradoxalement, moins nous mettons de papier en marché, plus la facture de recyclage est élevée. C’est bien la preuve que le nouveau système a reproduit à l’identique les vices de forme de l’ancien système que le gouvernement souhaitait pourtant corriger.

Cette situation est insoutenable pour nous qui devons composer avec des défis structurels considérables, notamment l’érosion continue des revenus publicitaires et des tirages, et la domination malsaine des géants du Web.

Dissocier le contenu du contenant

Que les choses soient claires : nous comprenons la nécessité d’un tel régime pour les biens dits « contenants », comme les boîtes de livraison provenant notamment des entreprises numériques étrangères. Toutefois, une distinction fondamentale s’impose puisque dans notre cas, le contenu ne peut être dissocié du contenant. Taxer ce support papier ne revient pas à taxer un emballage : c’est taxer un contenu qui a une valeur fondamentale pour notre société, produit par des artisans d’ici spécifiquement pour les lecteurs québécois. Une distinction semblable a d’ailleurs déjà été appliquée par le passé, lorsque le gouvernement du Québec a choisi d’exempter les livres de ces tarifs.

Cette décision, respectueuse de la diversité des expressions culturelles, devrait logiquement s’étendre à nos médias, qui sont un rempart contre la globalisation culturelle, en plus d’être un bouclier contre la désinformation. Dans un contexte géopolitique marqué par les fausses nouvelles et la fragilisation des institutions, notamment par le biais des réseaux sociaux et des géants numériques internationaux, préserver la presse écrite locale devrait être une priorité. D’autant plus que nos médias forment un écosystème complet d’emplois directs et indirects. Chaque dollar investi dans un média local circule dans l’économie du Québec. Et contrairement à certaines perceptions, la demande pour le papier est bien réelle : des millions de Québécois

continuent d’acheter nos formats imprimés, qui demeurent indispensables face à la fracture numérique, particulièrement en régions, auprès des aînés et dans les foyers moins connectés.

Le gouvernement du Québec a pourtant instauré d’importantes mesures pour soutenir les médias écrits au fil des ans. La réforme inique de ce système va à l’encontre des politiques publiques mises de l’avant pour dynamiser le secteur des médias.

Agir maintenant

Le gouvernement du Québec doit rapidement rectifier la situation en exemptant spécifiquement les médias écrits des tarifs de recyclage. Doit-on attendre que des médias ferment pour que les choses changent ?

Un gouvernement qui défend les intérêts du Québec soutient une industrie si fondamentale; il ne l’étouffe pas.

Par Stéphanie Gagnon et Marlène Claveau de Trium Médias, Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec, Le Devoir, The Globe and Mail, The Gazette, L’Actualité, RICARDO, les publications de TVA Publications, de Pratico-Pratiques, de KO Média, de Bayard Presse Canada et de Naître et grandir, ainsi que l’Association québécoise des éditeurs de Magazines (AQEM), RecycleMédias et Hebdos Québec

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