À quelques semaines du dépôt du prochain budget du Québec, l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) presse le gouvernement d’envisager une taxation accrue des « ultra-riches » afin de renforcer le financement du réseau de la santé et des services sociaux.
L’APTS soutient que le réseau est chroniquement sous-financé alors que le gouvernement dispose de marges de manœuvre fiscales importantes, pourvu qu’il accepte d’aller chercher des revenus « là où la capacité de payer est la plus forte ».
L’organisation ajoute qu’au cours des dernières années, différents gouvernements ont justifié des compressions dans les services publics par un manque de ressources financières, alors même que « la richesse se concentrait entre les mains d’une infime minorité ».
« Le Québec n'est pas trop pauvre pour financer sa santé, il est trop timide pour s'attaquer à la concentration extrême de la richesse. Et pendant qu'une minorité accumule des fortunes de plusieurs millions - voir milliards - de dollars, on coupe dans les services à la population. L'austérité, ce n'est pas une fatalité budgétaire, c'est un choix politique. », a affirmé Robert Comeau, président de l'APTS.
Une taxe sur le patrimoine
Pour renverser cette tendance, l’alliance propose d’introduire une taxe progressive sur le patrimoine visant le 1 % des ménages les plus riches, soit ceux disposant d’avoirs nets de 4 millions de dollars ou plus. Selon ses estimations, une telle mesure pourrait rapporter jusqu’à 6,5 milliards de dollars par année au gouvernement du Québec. Il s’agirait, selon l’APTS, d’une mesure « chirurgicale », qui n’affecterait pas la grande majorité de la population.
« Le seuil de 4 millions de dollars permet vraiment de distinguer les ménages qui vivent de leur travail de ceux dont la richesse repose principalement sur l’accumulation d’actifs, souvent sur plusieurs générations. », a précisé Émilie Charbonneau, vice‑présidente de l’alliance.
L’APTS estime qu’une telle rentrée fiscale pourrait permettre d’embaucher des dizaines de milliers de professionnels et de techniciens, sans faire payer la classe moyenne.
« Le gouvernement a des options et peut choisir de protéger la santé et le bien-être de sa population plutôt que de faire reposer l'immense poids de cette mission sur les personnes travailleuses, usagères et aidantes. Taxer les ultra-riches, ce n'est pas une mesure radicale, c'est un choix responsable. », a conclu Robert Comeau.