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Une marche pour guérir les sévices vécus dans les pensionnats autochtones

Jean Tremblay
Le 21 juillet 2022 — Modifié à 14 h 27 min
Par Jean Tremblay - Journaliste

Treize membres de communautés autochtones ont pris le départ à pied de Mashteuiatsh le jeudi 21 juillet pour se rendre sur les plaines d’Abraham à Québec.  Ils arriveront sept jours plus tard en même temps que la venue du pape François.

Les marcheurs devront parcourir un trajet de 275 kilomètres. Un pèlerinage de Mashteuiatsh à Wendake et Québec, via le Parc des Laurentides, qui traversera les territoires traditionnels ilnus et wendat.

La Grande Marche Puamun Meshkenu pour la guérison réunie des autochtones de toutes les générations en solidarité avec les survivants des pensionnats autochtones et cadre avec la visite du pape en sol québécois.

Blessures vives

On a confié au docteur Stanley Vollant la présidence de la Grande Marche. « Je sens encore ces blessures. Elles sont encore vives et pas encore cicatrisées. Les excuses papales qui viennent marquent un début d’un long processus de guérison. Quand une personne a été agressée et que l’agresseur s’excuse, c’est un premier pas », a-t-il affirmé en virtuel devant les gens réunis au Pavillon des arts du site Uashassihtsh à Mashteuiatsh.

Il a rappelé le caractère symbolique du lieu de départ de l’événement. « L’ancien pensionnat autochtone de Pointe-Bleue fut le dernier, financé par le gouvernement fédéral et dirigé par des Églises, à fermer ses portes au Québec, en 1991. »

Arraché à sa famille

Gilbert Dominique, le chef des Pekuakamiulnuatsh Takuhikan portait symboliquement, pour l’occasion, une chemise de son défunt père qui a séjourné dans un pensionnat autochtone.

« Alors qu’il n’avait que sept ans, il a été enlevé de sa famille et déporté vers un pensionnat autochtone à Fort-Georges. Il n’avait plus le droit de parler sa langue. Ce fut très pénible. Il a revu ses parents, pour une première fois, un an plus tard », raconte le chef.

« Cette marche va propulser les gens vers la guérison. Encore aujourd’hui des membres de nos communautés vivent avec d’immenses douleurs et des séquelles. Plusieurs ont gardé pour eux tous ces malaises vécus et la douleur qui les accompagne. »

Le chef a également expliqué aux personnes présentes au Pavillon des arts du site Uashassihtsh, une décision difficile que sa mère a dû prendre.

« Pour protéger notre famille et nous préserver de sévices, notre mère a fait le choix de ne pas nous enseigner sa langue maternelle. »

Initiative autochtone

C’est l’engouement pour la venue du pape François et le manque d’initiative 100% autochtone qui a donné l’idée à Jay Launière-Maltais, directeur général de Puamun Meshkenu de proposer cette Grande Marche pour la guérison.

« Depuis des centaines d’années, on se fait imposer des choses. On nous dit ce qui est bon pour nous. Avec cette initiative, on reprend le contrôle. Avec le message qu’on envoie aujourd’hui je souhaite qu’on nous entende, mais surtout qu’on nous écoute », affirme l’initiateur de celui qui a ouvert, il y a seulement 10 jours, les inscriptions pour la Grande Marche.

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