Le vendredi 10 avril, Angéla Boutin marquera un jalon peu commun : son 100e anniversaire. Née en 1926, la future centenaire provient d’une famille de 14 enfants, dont 12 vivent encore aujourd’hui.
Au fil du temps, elle fonde à son tour une impressionnante descendance. Neuf enfants composent sa famille immédiate, dont sept poursuivent aujourd’hui leur route. S’ajoutent 20 petits-enfants, 33 arrière-petits-enfants et 10 arrière-arrière-petits-enfants, formant désormais une cinquième génération bien vivante.
En 1997, elle est devenue la toute première résidente des Habitations du Carrefour de Saint-Félicien, où elle réside encore depuis l’ouverture.
Le jeudi 2 avril, une célébration anticipée, pour souligner la fête de la centenaire, a rassemblé aux Habitations du Carrefour de Saint-Félicien, des résidents, proches, amis ainsi que le maire de Saint-Félicien, Jean-Philippe Boutin.
Santé au rendez-vous
Interrogée sur son secret de longévité, Angéla Boutin répond avec simplicité :
« Je n’ai pas de secret. Pour mon âge, je me considère chanceuse, car la santé pourrait me jouer des tours. Je m’occupe avec des tâches ménagères. »
Puis, en ricanant, elle ajoute : « Comme le père Ovide dans Séraphin, j’écoute la télé… sans l’écouter. »
En amour à 100 ans
La vie lui réserve aussi une histoire d’amour tardive. Depuis cinq ans, elle partage son quotidien avec Alphonse Therrien, qu’elle surnomme affectueusement « mon chum », lui-même résident du même établissement.
À la suite du décès de son épouse, Alphonse Therrien supporte difficilement la solitude. Leur rencontre survient, il y a cinq ans, à la salle à manger.
« Je l’ai invité à venir jaser dans mon appartement. Avec le temps, il passait chaque jour. Depuis ce temps, mon chum et moi passons une bonne partie de la journée ensemble. Il aime marcher et discuter avec tout le monde. En fin de journée, il retourne chez lui et s’endort vers 18 h 30. »
Elle conclut en riant: « Il connaît tout le monde. Il n’y a que le diable qui ne le connaît pas. »
Un mari marqué par un accident
Racontant une partie de son histoire, elle mentionne avoir grandi sur une ferme. Mariée en 1946, elle consacre sa vie à l’éducation de ses enfants et au maintien du foyer familial.
Son époux, avec qui elle partage 55 ans de vie commune, décède il y a 24 ans. Elle rappelle qu’un grave accident est survenu en forêt, alors qu’il travaillait comme bûcheron.
« Un arbre lui est tombé sur le dos. L’accident l’a laissé partiellement paralysé. Pendant 36 ans, il se déplaçait en fauteuil roulant. Malgré tout, il acceptait sa condition sans se plaindre. »