Après les Producteurs de grains du Québec, c’est maintenant au tour des Éleveurs de volailles du Québec (EVQ) de demander au gouvernement québécois d’exempter le secteur agricole de la tarification carbone.
La sortie survient dans la foulée du dévoilement des résultats de la plus récente vente aux enchères du marché du carbone Québec‑Californie, qui, selon eux, accentue encore davantage la pression financière sur les entreprises agricoles et nuit leur compétitivité.
Selon les EVQ, le chauffage et la ventilation des bâtiments sont des éléments essentiels au bien‑être animal et à la biosécurité des productions avicoles. Or, les solutions moins émettrices de carbone telles que la biomasse ou certaines formes d’électrification demeurent hors de portée pour plusieurs éleveurs en raison des coûts d’installation et de contraintes techniques.
Ainsi, selon l’organisation, les coûts additionnels liés à la tarification carbone sont donc imposés aux entreprises sans que celles‑ci aient accès à des moyens réalistes pour réduire leurs émissions.
« Les producteurs agricoles veulent contribuer aux objectifs climatiques du Québec, mais on ne peut pas imposer une tarification sans tenir compte des limites technologiques actuelles. Tant que des solutions accessibles et réalistes ne seront pas disponibles à grande échelle, cette politique se traduit essentiellement par une perte de compétitivité pour nos entreprises et un affaiblissement de notre autonomie alimentaire. », a affirmé Benoît Fontaine, président des Éleveurs de volailles du Québec.
Un effet domino sur les coûts d’alimentation
Les EVQ soulignent également que les coûts assumés par les producteurs de grains en raison de la tarification carbone, notamment pour le séchage et le transport, se répercutent directement sur les coûts des aliments pour animaux. Cette situation touche de plein fouet les éleveurs québécois qui se retrouvent perdants dans un contexte de concurrence avec les autres producteurs nord-américains, préviennent les EVQ.
Dans ce contexte, l’organisation presse Québec d’exempter entièrement le secteur agricole de la tarification carbone. Elle réclame aussi que le gouvernement provincial appuie l’Union des producteurs agricoles (UPA) dans ses démarches auprès d’Ottawa, afin que la tarification mise en place par le gouvernement fédéral soit adaptée aux réalités particulières des agriculteurs.